Les normes sociales sont de plus en plus présentes et pèsent sur les familles qui se sentent obligées de s'y soustraire par peur de l'exclusion sociale. C'est ainsi que dès le plus jeune âge, l'adulte prépare l'enfant à être ce que la société veut de lui (un bon élève ou un enfant sage, qui mange 5 fruits et légumes par jours et pas trop gras, salé ou sucré ou un joueur de foot riche et célèbre ou encore une nouvelle star...).
C'est alors que le challenge du meilleur et la surstimulation de l'enfant entre en jeu.
L'enfant n'est plus respecté dans ce qu'il est et doit se calquer sur des volontés socio-politiques qui le dépasse!
Les parents sont stressés par ses situations et de fait l'enfant l'est lui aussi. On ne lui laisse plus le temps de rêver, de s'égarer, de se construire en tant que je...
« Dépêches toi! Ne touches pas à ça! Tais toi! »... Le mode impératif devient omniprésent dans la langage utilisé pour l'enfant.
Certains répondent que cela fait partie des limites obligatoires à inculquer à nos enfants...
Des limites, certes, il en faut pour se construire mais encore faut-il qu'elles soient cohérentes et adaptées à ce que l'enfant peut en comprendre! Encore faut-il qu'elles soient expliquées et parfois négociées avec l'enfant pour qu'il ne les subisse pas tel un animal que l'on dresse!
J'en viens donc à la question: pourquoi ne pas laisser l'enfant ETRE, en d'autres termes pourquoi ne pas le
préparer à être lui (avant de le préparer à être élève
)?
En effet, imaginons un carré représentant la norme et un cercle représentant l'enfant. Imaginons que nous voulions faire rentrer ce cercle dans le carré: il faudra déformer ce cercle et lorsque nous aurons réussis à le faire entrer dans le carré, le cercle ne ressemblera plus à ce qu'il été à l'origine pas plus qu'il ne ressemblera à un carré. La forme qu'il aura pris n'aura plus rien à voir avec la forme escomptée.
Il en va de même pour l'enfant: pourquoi vouloir l'enfermer dans une norme sociale? Comment pourrait-il s'épanouir de cette manière? Comment pourrait-il mener une réflexion personnelle et citoyenne?...
Par contre, agrandissons le carré de manière à ce qu'il puisse y contenir plusieurs cercles sans les déformer... Le résultat est beaucoup plus intéressant puisqu'il permet de garder intact les deux formes (carré, cercle) sans que l'un empiète sur l'autre. Ainsi, chacun peut garder sa place, toute sa place et rien que sa place!
C'est à nous professionnels de la petite enfance d'ouvrir la voix: soyons moins rigide, acceptons que les enfants soient différents, laissons les avancer chacun à leur rythme... Laissons les ETRE!